Deuil périnatal

Comment surmonter le décès d’un enfant dans la période périnatale ?

Quelle est la définition d’un deuil périnatal ?

La mort périnatale peut survenir en cours de grossesse, à la naissance, ou dans les heures ou les jours qui suivent l’accouchement. Elle peut être spontanée ou provoquée, suite à la découverte d’une anomalie fœtale grave.

Selon l’INED, la mort périnatale est la somme des enfants nés sans vie et des décès d’enfants de moins de 7 jours.

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on parle de deuil périnatal lorsque des parents perdent leur bébé entre 22 semaines d’aménorrhée et le 7e jour après sa naissance.

Cela concernerait, en France, plus de 7 000 familles par an sur les 14 000 décès d’enfants.

Quelles sont les spécificités du deuil périnatal ?

Françoise Chandernagor affirmait : « Toute vie achevée est une vie accomplie : de même qu’une goutte d’eau contient déjà l’océan, les vies minuscules, avec leur début si bref, leur infime zénith, leur fin rapide, n’ont pas moins de sens que les longs parcours. Il faut seulement se pencher pour les voir, et les agrandir pour les raconter. »

La mort d’un petit enfant avant, pendant ou peu après la naissance, place les parents, les grands- parents, les fratries, dans une vulnérabilité extrême. Comment trouver les mots ? Comment ne pas blesser plus encore ? Peut-on vivre ce deuil sans se sentir si seul ?

Face au deuil périnatal, quel est le rôle des rituels ?

De tous temps, les pratiques ancestrales ont été créées pour faire mémoire des morts. Prendre soin du corps du bébé mort est un acte inscrit dans notre mémoire collective. Comment symboliser le lien entre le défunt et les vivants à travers des gestes, des paroles, des musiques ? Pour les parents et les proches, ce temps de rituel, de cérémonie est précieux pour :

  • marquer la réalité de la perte, celle de leur enfant,
  • évoquer l’enfant qui est décédé, le nommer, lui donner une place,
  • ne pas faire de ce drame un silence, un tabou, un non-dit,
  • donner un rôle au père,
  • favoriser un soutien social,
  • reconnaître la singularité du deuil tout en ayant conscience que cela arrive, aussi, à d’autres.

La cérémonie permet de faire une place à chacun, défunt, parents, grands-parents, fratrie, proches. Elle peut prendre la forme d’une inhumation, d’une crémation, d’une prise en charge confiée à l’hôpital ou se faire tout autrement. La cérémonie peut être religieuse ou laïque, proche du décès ou différée.

Que se passe-t-il après l’hôpital ?

Depuis quelques années, la pratique a évolué en France : les familles peuvent aujourd’hui organiser les obsèques d’un enfant mort-né dès lors qu’il bénéficie d’un acte d’enfant sans vie, délivré par la mairie au vu d’un certificat d’accouchement. Il n’est plus fait mention des limites de 22 semaines d’aménorrhée et des 500 grammes.

Des obsèques individuelles sont désormais possibles, quel que soit le terme, dès qu’un certificat d’accouchement a été établi par le médecin.

Si l’enfant a un état civil complet (acte de naissance et acte de décès), des obsèques sont obligatoires. Elles sont organisées par la famille, ou à défaut par la mairie. Parce que la crémation ne laisse pas de cendres, un médaillon avec l’initiale du nourrisson accompagne le cercueil dans l’appareil de crémation. Il est ensuite remis à la famille dans un reliquaire.

Si l’enfant dispose d’un acte d’enfant sans vie, la famille a la possibilité d’organiser des obsèques classiques (avec une cérémonie si elle le souhaite) en s’adressant à un opérateur funéraire. Si la famille ne souhaite pas, ou ne peut pas organiser d’obsèques, c’est l’établissement hospitalier ou la clinique qui prend l’enfant en charge dans le cadre de crémations collectives.

Légalement, on distingue trois situations

La circulaire du 19 Juin 2009 fixe les enregistrements à l’état civil, les informations contenues dans les registres des établissements de santé, le devenir du corps, les modalités de sa prise en charge.

Décret 2008-798 relatif au livret de famille.

Décret 2008-800 relatif à l’acte d’enfant sans vie.

Arrêté du 20/08/2008 relatif au modèle de certificat d’accouchement permettant l’établissement d’un acte d’enfant sans vie.

Enfant né vivant et décédé ensuite :

  • Déclaration de naissance à l’état civil puis déclaration de décès.
  • Il appartient aux parents d’organiser les obsèques.

Enfant mort-né (ou né non viable < 22 semaines d’aménorrhée et < 500g) : 

  • Un certificat médical d’accouchement peut être établi. Les parents peuvent faire une déclaration à l’état civil d’« enfant né sans vie».
  • Ils peuvent choisir d’organiser des obsèques ou de laisser l’établissement prendre en charge le devenir du corps.

Fausse-couche précoce ou IVG : 

  • Aucun certificat médical d’accouchement n’est établi, pas de déclaration possible à l’état civil.
  • C’est l’hôpital qui prend obligatoirement en charge le devenir de l’embryon.

Groupes d’entraide ou de parole deuil périnatal

Empreintes propose aux familles en deuil d’un tout petit un accompagnement par téléphone, visioconférence, individuel ou en famille. Plusieurs associations nationales spécialisées proposent des sites complets et parfois un accompagnement avec la possibilité d’assister à groupe de parole spécifique, afin d’aborder avec d’autres parents endeuillés ce vécu :

Des associations en région proposent également un groupe de parole dédié au deuil périnatal : vous pouvez les retrouver sur notre répertoire national des structures.