Les étapes du deuil

Les étapes du deuil existent-elles ?

Nombreux sont ceux qui ont entendu parler des étapes du deuil. La modélisation des étapes du deuil est aujourd’hui décriée. La chronologie, le cheminement se fait pourtant par phases. Quelle est leur réalité ? Les différents temps du deuil ne sont pas linéaires, ils sont faits d’allers retours. Ils ne sont pas universels. Dans l’accompagnement de deuil on le constate : quatre étapes du deuil sont repérables, qui sont plus des temps, des phases non linéaires, sont identifiables. Les connaître donne des repères. Les induire, les imposer serait normatif.

Comment ça se passe, un deuil ?

Quel est ce sentiment irréel qui peut survenir à la mort d’un proche ?

D’après le cheminement des étapes, des temps du deuil, la personne en deuil traverse souvent une première période de choc, de sidération qui, comme une anesthésie, protège très brièvement de la réalité violente de la perte. Parfois, après quelques semaines, cet état se prolonge. Un soutien spécifique pourra s’avérer nécessaire, bien qu’on n’en ressente pas toujours le besoin.

Comment se fait-il que parfois, les premiers mois, le chagrin semble tenu à distance ?

Une période peut suivre où la personne en deuil vit une recherche de l’autre, de son odeur, de sa voix, de son image… Les liens extérieurs sont entretenus et la soutiennent, malgré des périodes de chagrin profond.

Après quelques mois, la douleur peut submerger. Est-ce normal ?

Combien de temps vais-je souffrir, me sentir à ce point amputé ?

Le temps central du deuil est celui du «vécu dépressif» lié à la disparition. Longue et douloureuse, c’est une étape du deuil nécessaire qui montre que le chemin se fait. La douleur est alors frontale. Les sentiments de perte, de vide, de manque, de solitude, de chaos sont envahissants. L’anniversaire du décès peut raviver le choc et la douleur. Surviennent souvent des troubles de l’appétit, du sommeil, de l’humeur, des questionnements sur le sens de l’existence, des difficultés à prendre des décisions qui sont tout à fait normales. Inquiet et impuissant, l’entourage peut ne pas parvenir à comprendre. Il pousse à «passer à autre chose», «sortir», réinvestir l’avenir, donner tous les vêtements, sans laisser à la personne en deuil le temps dont elle a besoin. Le vécu intérieur devient alors tabou et les émotions enfouies, cachées peuvent conduire à un isolement. Durant cette étape du deuil, le soutien associatif peut être aidant.

Comment l’apaisement survient-il ?

Peu à peu s’installe une période de reconstruction, de réappropriation de soi. On ressent un apaisement, discret puis certain. La cicatrisation se fait, le lien au défunt devient intérieur, le rapport aux autres, au monde, à soi est redéfini. Si pourtant une souffrance liée à des non-dits, des conflits avec le défunt ou le sentiment de perte d’identité perdurent, le soutien thérapeutique d’un professionnel peut être nécessaire pour accompagner la personne jusqu’à cette dernière étape du deuil.