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SUICIDE

Single or divorced woman alone missing a boyfriend while swinging on the beach at sunset

Définition de la crise suicidaire

« La crise suicidaire est une crise psychique dont le risque majeur est le suicide. Il s’agit d’un moment de la vie d’une personne où celle-ci se sent dans une impasse et confrontée à une telle souffrance que la mort apparaît progressivement comme le seul moyen de trouver une issue à cet état de crise. Cet état, caractérisé par des idées suicidaires de plus en plus envahissantes reste toutefois temporaire et réversible » (INPES).

Les facteurs de risques du suicide

Le suicide est un phénomène multifactoriel et complexe, pour lequel une cause précise ne peut être définie, les différents facteurs interagissant les uns avec les autres. La simple addition des différents facteurs de risque ne suffit donc pas à évaluer le risque suicidaire.

Trois types de facteurs de risque peuvent néanmoins être identifiés :

  •  les facteurs primaires : les troubles psychiatriques (notamment la dépression), les antécédents personnels et familiaux de suicide, la communication d’une intention suicidaire ou une impulsivité. Ces facteurs, qui peuvent s’additionner et interagir entre eux, ont une valeur d’alerte importante au niveau individuel et peuvent être influencés par les traitements ;
  • les facteurs secondaires : les pertes parentales précoces, l’isolement social, le chômage, les difficultés financières et professionnelles, les événements de vie négatifs. Ces facteurs, que l’on peut observer dans l’ensemble de la population, sont faiblement modifiables par une prise en charge en santé, et n’ont qu’une faible valeur prédictive en l’absence de facteurs primaires ;
  • les facteurs tertiaires : l’appartenance au sexe masculin, l’âge (le grand âge et le jeune âge sont les plus exposés). Ces facteurs ne peuvent être modifiés, et n’ont de valeur prédictive qu’en présence de facteurs primaires et secondaires.

Les signes d’alerte de la crise suicidaire

Le repérage de la crise suicidaire s’appuie sur des catégories de signes (Direction Générale de la Santé) :

  •  l’expression d’idées et d’intentions suicidaires : la personne en crise verbalise certains messages directs ou indirects tels que : « Je veux mourir », « Je n’en peux plus, je voudrais partir, disparaître ».
  • des manifestations de crise psychique : la personne peut éprouver des malaises divers : fatigue, anxiété, tristesse, irritabilité et agressivité, perte d’appétit ou boulimie, troubles du sommeil, perte du goût des choses, sentiment d’échec et d’inutilité, mauvaise image de soi et sentiment de dévalorisation, impuissance à trouver par soi-même des solutions à ses problèmes, troubles de la mémoire, rumination mentale, appétence alcoolique et tabagique, etc.

Dans un contexte de vulnérabilité

La dépression, l’impulsivité (décision ou acte brutal incontrôlable, qui écarte le reste, tendance à l’agir, démesure dans la réponse, non-contrôle de l’affectivité, réaction brute sans souplesse, sans élaboration), des affections psychiatriques déjà existantes, les facteurs de personnalité ainsi que l’alcoolisme et la toxicomanie y tiennent une place importante. Dans ce contexte, l’histoire familiale individuelle, des événements de vie douloureux (déplacement, perte d’un être cher, etc.) peuvent être des éléments de précipitation de la crise suicidaire.

Ces premiers signes ne sont, dans leur majorité, ni spécifiques ni exceptionnels pris isolément. C’est leur regroupement, leur association ou leur survenue comme une rupture par rapport au comportement habituel qui doivent alerter l’entourage, le conduire à suspecter l’existence d’une crise suicidaire et à provoquer une investigation complémentaire par le médecin. L’approche de bienveillance, d’écoute, de dialogue et d’accompagnement de l’entourage est un élément essentiel pour l’engagement de cette prise en charge.

Les facteurs de protection contre le suicide

Les premières attitudes recommandées sont les suivantes : l’entourage proche doit essayer d’établir un lien et une relation de confiance avec la personne en adoptant une attitude de bienveillance, d’écoute, de dialogue et d’alliance qui favorisera le recours aux réseaux d’aide et de soins. 
Consultez la page Prévention du suicide : Que faire ? A qui s’adresser ?.

L’intégration sociale, le développement de liens sociaux diversifiés (soutien familial, relations amicales diversifiées, soutiens associatifs) sont reconnus comme étant de puissants facteurs de protection contre le suicide.

Des ressources existent, notamment pour la prise en charge thérapeutique de la dépression et des addictions, facteurs de vulnérabilité. Le médecin traitant, les médecins psychiatres et les psychologues, ainsi que les Centre médico-psychologiques (CMP) peuvent aider ou orienter la personne en souffrance vers des aides adaptées. De même, des dispositifs d’aide à distance proposent des services d’écoute garantissant aux appelants anonymat et confidentialité.

Consultez les recommandations issues de la Conférence de consensus de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) d’octobre 2000 sur « La Crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge ».

DEUIL PERINATAL

LES OBSEQUES

Comment sont organisées les obsèques ?

Si l’enfant a un état civil complet (acte de naissance et acte de décès), des obsèques sont obligatoires. Elles sont organisées par la famille, ou à défaut par la mairie. Parce que la crémation ne laisse pas de cendres, un médaillon avec l’initiale du nourrisson accompagne le cercueil dans l’appareil de crémation. Il est ensuite remis à la famille dans un reliquaire.

Si l’enfant bénéficie d’un acte d’enfant sans vie, la famille a la possibilité d’organiser des obsèques classiques (avec une cérémonie si elle le souhaite) en s’adressant à un opérateur funéraire. Si la famille ne souhaite pas, ou ne peut pas organiser d’obsèques, c’est l’établissement hospitalier ou la clinique qui prend l’enfant en charge dans le cadre de crémations collectives.

Pour les établissements de l’AP-HP, la crémation de ces enfants se déroule au crématorium du Père Lachaise, en dehors des heures d’ouverture du cimetière. La présence de la famille n’est techniquement pas possible et aucune cérémonie ne peut être organisée. Un médaillon témoin est déposé dans l’appareil lors des crémations. Ce médaillon est inhumé au pied d’une stèle dédiée aux Touts Petits, inaugurée en 2016 dans le cimetière parisien du Père Lachaise.

Certains parents qui n’ont pas pu, ou pas voulu, organiser des obsèques s’interrogent parfois sur le devenir du corps de l’enfant après le décès. Les établissements de l’AP-HP et la plupart des cliniques parisiennes, selon une procédure clairement codifiée et respectueuse, confient les corps pour crémation au crématorium du Père Lachaise.

Aujourd’hui, une cinquantaine de parents, grands-parents et fratries ou proches assistent à ces cérémonies.

Qu’est-ce que le deuil périnatal ?

On appelle mort périnatale, le décès d’enfants avant la naissance à la suite d’une interruption médicale de grossesse ou d’une mort fœtale in utero au moment de la naissance et jusqu’à 28 jours après. Cela concerne, en France, plus de 14 000 familles par an.

Françoise Chandernagor : «Toute vie achevée est une vie accomplie : de même qu’une goutte d’eau contient déjà l’océan, les vies minuscules, avec leur début si bref, leur infime zénith, leur fin rapide, n’ont pas moins de sens que les longs parcours. Il faut seulement se pencher pour les voir, et les agrandir pour les raconter».

La mort d’un petit enfant avant, pendant ou peu après la naissance, place les parents, grands- parents, fratries, dans une vulnérabilité extrême. Comment trouver les mots ? Comment ne pas blesser plus encore ? Peut-on vivre ce deuil sans se sentir si seul ?

Le rôle des cérémonies…
De tous temps, les pratiques ancestrales ont été créées pour faire mémoire des morts. Prendre soin du corps du bébé mort est un acte inscrit dans notre mémoire collective. Comment symboliser le lien entre le défunt et les vivants à travers des gestes, des paroles, des musiques ? Pour les parents, ce temps de rituel est précieux  pour :

  • marquer la réalité de la perte, celle de leur enfant,
  • évoquer l’enfant qui est décédé, le nommer, lui donner une place,
  • ne pas faire de ce drame un silence, un tabou, un non dit,
  • donner un rôle au père,
  • favoriser un soutien social,
  • reconnaître la singularité du deuil tout en ayant conscience que cela arrive, aussi, à d’autres.

La cérémonie permet de faire une place à chacun, défunt, parents, grands-parents, fratrie, proches. Elle peut se faire par une inhumation, par une crémation ou parfois par la prise en charge confiée à l’hôpital. La cérémonie peut être religieuse ou laïque. Actuellement, pour les adultes, se pratiquent 55% de crémation et 45% d’inhumation. Pour les enfants de moins de 1 an, 77% d’inhumation et 23% de crémation.

En cas de crémation…
Un tout-petit enfant, fœtus ou nouveau-né, a des os très légers qui ne fabriquent pas de cendres. Aussi, au crématorium du Père Lachaise est réalisé un médaillon en céramique portant l’initiale du prénom de l’enfant, qui accompagne le cercueil, puis qui est placé dans l’urne qui sera remise aux parents. C’est un symbole fort pour ne pas laisser les parents sans repères.

Que se passe-t-il après l’hôpital ?
Depuis quelques années, la pratique a évolué en France : les familles peuvent aujourd’hui organiser les obsèques d’un enfant mort-né dès lors qu’il bénéficie d’un acte d’enfant sans vie, délivré par la mairie au vu d’un certificat d’accouchement. Il n’est plus fait mention des limites de 22 semaines d’aménorrhée et des 500 grammes.

Légalement on distingue trois situations :

La circulaire du 19 Juin 2009 fixe : les enregistrements à l’état civil, les informations contenues dans les registres des établissements de santé, le devenir du corps, les modalités de sa prise en charge.

Décret 2008-798 relatif au livret de famille.

Décret 2008-800 relatif à l’acte d’enfant sans vie.

Arrêté du 20/08/2008 relatif au modèle de certificat d’accouchement permettant l’établissement d’un acte d’enfant sans vie.

  • Enfant est né vivant et décédé ensuite :

Déclaration de naissance à l’état civil puis déclaration de décès.

Il appartient aux parents d’organiser les obsèques.

  • Enfant est mort-né (ou né vivant mais non viable car < 22 semaines d’aménorrhée et < 500g) :

Un certificat médical d’accouchement peut être établi. Les parents peuvent faire une déclaration à l’état civil d’ «enfant sans vie».

Ils peuvent choisir d’organiser des obsèques ou de laisser l’établissement prendre en charge le devenir du corps.

  • Fausse-couche précoce ou IVG :

Aucun certificat médical d’accouchement n’est établi, pas de déclaration possible à l’état civil.

C’est l’hôpital qui prend obligatoirement en charge le devenir de l’embryon.

Des obsèques individuelles sont donc maintenant possibles, quel que soit le terme, dès qu’un certificat d’accouchement a été établi par le médecin.

Lorsque les parents décident de confier le devenir du corps de leur enfant à un établissement hospitalier de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris, la crémation a lieu au Crématorium du Père Lachaise, en dehors des heures d’ouverture au public. Il est alors réalisé un médaillon collectif. Ce médaillon est ensuite placé dans un espace spécifique, le « jardin des lumières » qui est situé au cimetière parisien de Thiais.

Une plaquette d’information (faite par les Services Funéraires Ville de Paris) sur la mort périnatale est proposée .fichier-information-mort-périnatale

QUELQUES MOTS : UN TEXTE DE JEAN-PAUL ROCLE, Chargé de mission « Cérémonies et ritualités » Services Funéraires – Ville de Paris

Parler de la mort périnatale n’est pas évident ; l’évoquer dans le cadre d’une cérémonie publique encore moins ; et cela se complexifie encore plus lorsqu’il s’agit de donner du sens aux crémations collectives de bébés morts avant la naissance. C’est pourtant l’initiative qui a été mise en œuvre au crématorium du Père Lachaise en janvier 2009 avec une cérémonie à l’attention des parents concernés par un deuil périnatal et n’ayant pas pu ou pas voulu mettre en œuvre des obsèques.

En effet, le cadre réglementaire a considérablement évolué ces dernières années et les décrets du 20 août 2008 prévoient notamment que lorsque l’enfant est mort-né ou né vivant mais non viable, seul un certificat d’accouchement est établi. De plus, le bébé bénéficie d’un statut d’enfant sans vie si une déclaration est faite dans ce sens. Les parents ont alors le choix de s’occuper des obsèques ou de laisser l’établissement de santé (hôpital, maternité, clinique) prendre en charge le devenir du corps, au terme d’un délai de réflexion. Dans le cas où c’est l’hôpital qui assume l’organisation, une procédure clairement codifiée et respectueuse a été mise en place au crématorium du Père Lachaise. Cette procédure ne permet pas l’accompagnement au crématorium par les parents. Les opérations se déroulent de manière habituelle confidentiellement sous la seule responsabilité de l’hôpital et des services funéraires : les crémations sont anonymes et seul l’hôpital détient l’ensemble des informations concernant l’identité des bébés. Le crématorium assure les crémations qui se déroulent de manière collective. Une traçabilité est assurée : les informations sont transmises en fin de processus à l’établissement hospitalier qui peut alors les communiquer aux parents concernés.

Construire une cérémonie qui soit à la fois porteuse de sens et qui ne sombre pas irrésistiblement dans l’émotion demandait un minimum d’échanges avec des personnes capables de répondre à ma demande. Quels mots employer ? Quels symboles utiliser tout en restant dans une dynamique qui respecte notre esprit de laïcité ouverte ? Quelle portée pouvait-on donner à cette cérémonie alors que nous n’avons aucun contact direct avec les parents et que nous recevons les corps des tout petits sans aucune possibilité d’identification dans le respect du secret médical ?

Avec l’aide de l’association Petite Emilie, nous avons élaboré un cérémonial en nous inspirant des étapes qui ordonnancent habituellement une cérémonie en présence d’un défunt mais en tenant compte des spécificités liées à ce contexte précis de mort périnatale. Il s’agit de permettre aux parents de s’exprimer sans pour autant tomber dans l’affectif ; il s’agit également de laisser une trace pour ces enfants dont il ne reste aucune cendre.

Un médaillon en céramique symbolisant les crémations collectives occupe alors une place centrale. Habituellement, lorsque ce sont les parents qui organisent les obsèques, c’est l’initiale du prénom choisi par les parents qui est gravée sur ce médaillon : ce dernier est alors déposé sur le cercueil en fin de cérémonie et accompagne la crémation. Il fallait donc trouver un symbole qui puisse « dire » tout à la fois le collectif et l’individuel, la fragilité de la vie et l’ouverture à l’universel. Le symbole retenu a été celui de l’empreinte d’une main d’un enfant. L’empreinte, trace fugitive mais bien présente, qui dit le passage sans pour autant tout révéler de l’être. Symbole d’autant plus fort qu’un certain nombre de maternités proposent désormais aux parents de faire un moulage de l’empreinte du pied ou de la main du tout petit. Cette petite main a donc été gravée sur le médaillon puis déclinée sous d’autres formes pour les autres supports visuels. Nous avons ainsi pensé à deux mains ouvertes, en signe d’accueil, peintes en bleu : c’est devenu tout naturellement le logo de la cérémonie qui a été reproduit sur le petit feuillet d’accueil donné aux participants des cérémonies ainsi que dans un cadre qui est disposé dans la salle. L’utilisation d’un langage visuel élargit le champ des symboliques : là où les mots sont parfois impuissants, une image peut prendre le relais, à condition toutefois qu’elle soit suffisamment universelle pour rejoindre chacun dans sa particularité. Utiliser une image de bébé eût été inappropriée en de pareilles circonstances ; celle d’un ange, même si c’est devenu un objet sécularisé que l’on trouve jusque dans les boutiques de décoration, reste fondamentalement un symbole religieux. L’image d’une main nous permettait de garder cet équilibre entre universalité et laïcité du langage employé dans une cérémonie civile.

L’autre difficulté a été de nommer ce temps de mémoire. Il s’agissait certes d’une cérémonie du souvenir faisant suite aux crémations collectives des bébés morts avant la naissance mais parler de souvenir a-t-il du sens lorsque les circonstances n’ont pas permis d’en construire ? Et n’est-il pas réducteur de parler de fœtus quand il s’agit d’enfant à part entière aux yeux de ses parents ? Il nous fallait sortir de la sémantique technique ou médicale et l’expression « tout petit » donne justement cette liberté. Ce qui est tout petit n’en a pas moins de sens et d’importance que ce qui est grand. Et je n’hésite pas à parler du tout petit comme d’un enfant en devenir, un petit d’homme qui a sa place dans le monde.

L’une des vertus de cette cérémonie collective est de permettre le passage d’une expérience individuelle à un vécu solidaire. Quoi de plus intime en effet que la relation entre la mère et son enfant ? Cette sortie du ventre de la mère qui s’accompagne normalement d’une parole de vie devient brusquement silence étouffant. Je ne compte plus les mères et pères qui m’ont confié à quel point il leur est difficile de parler de la perte d’un enfant et qui préfèrent alors se taire et se replier sur leur souffrance. La cérémonie a justement pour fonction d’ouvrir la possibilité d’une parole en vivant une expérience avec d’autres, une parole de vivant à vivant, et donc d’insérer le défunt dans le fil ininterrompu de l’histoire.

Cela fait désormais près de cinq ans qu’existe la cérémonie trimestrielle des Tout Petits. Le premier mardi ouvré de chaque trimestre, nous accueillons entre quarante et cinquante personnes qui ont été informées de l’existence de ce temps spécifique par les établissements hospitaliers grâce au petit dépliant édité par nos soins, par les forums associatifs qui relayent cette initiative, mais aussi par le bouche-à-oreille alimenté notamment par les sites internet dont celui du crématorium du Père Lachaise : www.crematorium-perelachaise.fr.

Ce temps est devenu un véritable rendez-vous indispensable pour des parents en attente d’un vrai signe de reconnaissance de leur parcours : ce n’est pas parce que l’on renonce à une organisation d’obsèques personnalisée après un décès périnatal qu’il n’est de nécessité d’un temps et d’un cheminement adaptés. Mais ce qui me frappe le plus, c’est que je vois désormais des parents venir accompagnés : les grands-parents, le parrain ou la marraine que l’on avait choisi pour l’enfant à venir, l’ami(e) proche. Viennent également à ces cérémonies des soignants, des bénévoles associatifs qui apportent par leur présence une ouverture essentielle : on sort de ce que j’appelle « l’entre soi », c’est-à-dire que cet élargissement peut permettre à des parents focalisés sur leur douleur de comprendre qu’ils ne sont pas seuls et d’entendre une parole qui puisse les aider à entamer un processus de deuil souvent très long.

J’estime que nous avons réussi à mettre en œuvre un temps de mémoire porteur de sens, empreint de simplicité et de dignité. Un temps qui laisse à chacun la liberté d’exprimer sa souffrance, son émotion, sans pour autant que cela occulte la force symbolique du rite. C’est de fait une véritable leçon de vie que nous donnent ces parents qui poursuivent leur route avec ce bagage si particulier. J’aimerais terminer sur une image : celle de cette maman enceinte de sept mois venue assister à une cérémonie avec son mari pour faire mémoire de leur premier enfant mort avant terme un an plus tôt. Elle rayonnait de vie et m’a confié combien il était essentiel pour elle et pour l’enfant à venir de faire mémoire de leur aîné qui avait droit à sa place dans leur famille en construction.