Deuil périnatal

Cérémonies collectives

Depuis janvier 2010 avec Empreintes, le premier mardi de chaque trimestre a lieu au crématorium du Père Lachaise un temps de recueillement laïc. Il est proposé aux parents et proches concernés par un deuil durant la grossesse ou autour de la naissance, dont le devenir du corps a été confié à une institution hospitalière parisienne ou francilienne.

Cérémonie des Tout-Petits

Le premier mardi ouvré de chaque trimestre, de 8h45 à 9h30 Empreintes s’associe au crématorium du Père Lachaise, pour proposer une cérémonie en mémoire de ces enfants mort in utero, au moment de la naissance ou dans les jours suivants. Les parents, frères, soeurs, grands-parents et les proches qui le souhaitent sont cordialement invités à y participer.

Cérémonie Touts Petis

Les cérémonies ont lieu : de 8h45 à 9h30 le premier mardi ouvré de chaque trimestre.


Dates des cérémonies pour l’année 2017 :

  • mardi 3 janvier 2017
  • mardi 4 avril 2017
  • mardi 4 juillet 2017
  • mardi 3 octobre 2017
  • mardi 2 janvier 2018

71, rue des Rondeaux – 75020 Paris

Le Crématorium se trouve dans l’enceinte du cimetière du Père Lachaise. L’entrée se fait par l’avenue du Père Lachaise, accessible par la place Gambetta. Se présenter à l’accueil situé sur le côté droit de la coupole.
Métro : Gambetta (lignes 3 et 3bis)
Bus : Gambetta (n°102 et 69) ou Ramus (n°26)

Groupes ouverts

Les Empreintes roses

Les Empreintes roses sont des rencontres proposées aux parents ayant perdu un tout petit pendant la grossesse ou après la naissance, dans les jours ou les semaines qui ont suivi ( quelle que soit la cause du décès).

Pourquoi proposer ces rencontres spécifiques ?

Les deuils périnataux se heurtent à l’absence, ou à la trop courte histoire de vie d’un bébé, déjà investi de l’affection et des rêves des futurs parents. C’est cette absence de reconnaissance de leur deuil, spécifique et souvent traumatique, qui blesse en profondeur les jeunes couples endeuillés.

Comment garder trace de ce court passage de votre enfant dans votre vie ?

Le cercle de parole, où les récits, les émotions sont accueillis avec bienveillance et respect peut être le lieu où se construisent ces traces. Ce groupe est animé par une psychothérapeute et un(e) bénévole formés au deuil périnatal et supervisés.

Calendrier :
Pas de date fixée à ce jour pour 2017.

De 18h30 à 20h30, dans les locaux d’Empreintes.

Informations et inscriptions

Inscription par mail exigée pour chaque date, 48 h avant la rencontre, selon les places disponibles. Aucun participant ne sera accueilli sans accord préalable. La rencontre peut être annulée si le nombre d’inscrits est insuffisant.

contact@empreintes-asso.com ou par téléphone 01 42 38 07 08. Ces rencontres sont « ouvertes » : les participants peuvent être différents, ou revenir d’une fois sur l’autre. Modalités financières : voir ici.

Les obsèques

Comment sont organisées les obsèques ?

Si l’enfant a un état civil complet (acte de naissance et acte de décès), des obsèques sont obligatoires. Elles sont organisées par la famille, ou à défaut par la mairie. Parce que la crémation ne laisse pas de cendres, un médaillon avec l’initiale du nourrisson accompagne le cercueil dans l’appareil de crémation. Il est ensuite remis à la famille dans un reliquaire.

Si l’enfant bénéficie d’un acte d’enfant sans vie, la famille a la possibilité d’organiser des obsèques classiques (avec une cérémonie si elle le souhaite) en s’adressant à un opérateur funéraire. Si la famille ne souhaite pas, ou ne peut pas organiser d’obsèques, c’est l’établissement hospitalier ou la clinique qui prend l’enfant en charge. dans le cadre de crémations collectives.
Pour les établissements de l’AP-HP, la crémation de ces enfants se déroule au crématorium du Père Lachaise, en dehors des heures d’ouverture du cimetière. La présence de la famille n’est techniquement pas possible et aucune cérémonie ne peut être organisée. Un médaillon témoin est déposé dans l’appareil lors des crémations. Ce médaillon est inhumé au cimetière parisien de Thiais une fois par trimestre au pied de la stèle de la mémoire, située dans le Jardin des lumières, réservé aux enfants.

Les familles souhaitant obtenir des informations sur la localisation exacte du site pourront contacter la conservation du cimetière parisien de Thiais (261 avenue de Fontainebleau – 94320 Thiais, téléphone : 01 41 73 27 30).

Certains parents qui n’ont pas pu, ou pas voulu, organiser des obsèques s’interrogent parfois sur le devenir du corps de l’enfant après le décès. Les établissements de l’AP-HP et la plupart des cliniques parisiennes, selon une procédure clairement codifiée et respectueuse, confient les corps pour crémation au crématorium du Père Lachaise.

Aujourd’hui, une cinquantaine de parents, grands parents et fratries ou proches assistent à ces cérémonies.
Un médaillon en céramique est symboliquement inhumé au pied de la stèle dédiée aux tout petits au cimetière parisien de Thiais (au centre du jardin des lumières).mains_rect12471365191

Qu’est-ce que le deuil périnatal ?

On appelle mort périnatale, le décès d’enfants avant la naissance à la suite d’une interruption médicale de grossesse ou d’une mort fœtale in utero au moment de la naissance et jusqu’à 28 jours après. Cela concerne, en France, plus de 14 000 familles par an.

Françoise Chandernagor

«Toute vie achevée est une vie accomplie : de même qu’une goutte d’eau contient déjà l’océan, les vies minuscules, avec leur début si bref, leur infime zénith, leur fin rapide, n’ont pas moins de sens que les longs parcours. Il faut seulement se pencher pour les voir, et les agrandir pour les raconter».

La mort d’un petit enfant avant, pendant ou peu après la naissance, place les parents, grands- parents, fratries, dans une vulnérabilité extrême. Comment trouver les mots ? Comment ne pas blesser plus encore ? Peut-on vivre ce deuil sans se sentir si seul ?

Le rôle des cérémonies …

De tous temps, les pratiques ancestrales ont été créées pour faire mémoire des morts. Prendre soin du corps du bébé mort est un acte inscrit dans notre mémoire collective. Comment symboliser le lien entre le défunt et les vivants à travers des gestes, des paroles, des musiques ? Pour les parents, ce temps de rituel est précieux  pour :

  • marquer la réalité de la perte, celle de leur enfant,
  • évoquer l’enfant qui est décédé, le nommer, lui donner une place,
  • ne pas faire de ce drame un silence, un tabou, un non dit,
  • donner un rôle au père,
  • favoriser un soutien social,
  • reconnaître la singularité du deuil tout en ayant conscience que cela arrive, aussi, à d’autres.

La cérémonie permet de faire une place à chacun, défunt, parents, grand-parents, fratrie, proches. Elle peut se faire par une inhumation, par une crémation ou parfois par la prise en charge confiée à l’hôpital. La cérémonie peut être religieuse ou laïque. Actuellement, pour les adultes, se pratiquent 55% de crémation et 45% d’inhumation. Pour les enfants de moins de 1 an, 77% d’inhumation et 23% de crémation.
En cas de crémation…
Un tout-petit enfant, fœtus ou nouveau-né, a des os très légers qui ne fabriquent pas de cendres. Aussi, au crématorium du Père Lachaise est réalisé un médaillon en céramique portant l’initiale du prénom de l’enfant, qui accompagne le cercueil, puis qui est placé dans l’urne qui sera remise aux parents. C’est un symbole fort pour ne pas laisser les parents sans repères.

Que se passe-t-il après l’hôpital ?

Depuis quelques années, la pratique a évolué en France : les familles peuvent aujourd’hui organiser les obsèques d’un enfant mort-né dès lors qu’il bénéficie d’un acte d’enfant sans vie, délivré par la mairie au vu d’un certificat d’accouchement. Il n’est plus fait mention des limites de 22 semaines d’aménorrhée et des 500 grammes.

Légalement on distingue trois situations :

La circulaire du 19 Juin 2009 fixe : les enregistrements à l’état civil, les informations contenues dans les registres des établissements de santé, le devenir du corps, les modalités de sa prise en charge.
Décret 2008-798 relatif au livret de famille.
Décret 2008-800 relatif à l’acte d’enfant sans vie.
Arrêté du 20/08/2008 relatif au modèle de certificat d’accouchement permettant l’établissement d’un acte d’enfant sans vie.

Enfant est né vivant et décédé ensuite :

  • Déclaration de naissance à l’état civil puis déclaration de décès.
  • Il appartient aux parents d’organiser les obsèques.

Enfant est mort-né ( ou né vivant mais non viable car < 22 semaines d’aménorrhée et < 500g) :

  • Un certificat médical d’accouchement peut être établi. Les parents peuvent faire une déclaration à l’état civil d’ «enfant sans vie».
  • Ils peuvent choisir d’organiser des obsèques ou de laisser l’établissement prendre en charge le devenir du corps.

Fausse-couche précoce ou IVG :

  • Aucun certificat médical d’accouchement n’est établi, pas de déclaration possible à l’état civil.
  • C’est l’hôpital qui prend obligatoirement en charge le devenir de l’embryon.

Des obsèques individuelles sont donc maintenant possibles, quelque soit le terme, dès qu’un certificat d’accouchement a été établi par le médecin.

Lorsque les parents décident de confier le devenir du corps de leur enfant à un établissement hospitalier de l’Assista,ce Publique Hôpitaux de Paris, la crémation a lieu au Crématorium du Père Lachaise, en dehors des heures d’ouverture au public. Il est alors réalisé un médaillon collectif. Ce médaillon est ensuite placé dans un espace spécifique, le « jardin des lumières » qui est situé au cimetière parisien de Thiais.

Pour faire mémoire ensemble ont été mises en place des cérémonies des Tout Petits
au Père Lachaise. Il s’agit de cérémonies destinées notamment aux parents qui n’ont pas eux-mêmes organisé les obsèques.
Elles ont lieu tous les premiers mardis de chaque trimestre, entre 8h45 et 9h15, au crématorium du Père Lachaise.
Une plaquette d’information (faite par les Services Funéraires Ville de Paris) sur la mort périnatale est proposée .fichier-information-mort-perinatale

Quelques mots

Un texte de Jean-Paul Rocle
Chargé de mission « Cérémonies et ritualités » Services Funéraires – Ville de Paris

Parler de la mort périnatale n’est pas évident ; l’évoquer dans le cadre d’une cérémonie publique encore moins ; et cela se complexifie encore plus lorsqu’il s’agit de donner du sens aux crémations collectives de bébés morts avant la naissance. C’est pourtant l’initiative qui a été mise en œuvre au crématorium du Père Lachaise en janvier 2009 avec une cérémonie à l’attention des parents concernés par un deuil périnatal et n’ayant pas pu ou pas voulu mettre en œuvre des obsèques.
En effet, le cadre réglementaire a considérablement évolué ces dernières années et les décrets du 20 août 2008 prévoient notamment que lorsque l’enfant est mort-né ou né vivant mais non viable, seul un certificat d’accouchement est établi. De plus, le bébé bénéficie d’un statut d’enfant sans vie si une déclaration est faite dans ce sens. Les parents ont alors le choix de s’occuper des obsèques ou de laisser l’établissement de santé (hôpital, maternité, clinique) prendre en charge le devenir du corps, au terme d’un délai de réflexion. Dans le cas où c’est l’hôpital qui assume l’organisation, une procédure clairement codifiée et respectueuse a été mise en place au crématorium du Père Lachaise. Cette procédure ne permet pas l’accompagnement au crématorium par les parents. Les opérations se déroulent de manière habituelle confidentiellement sous la seule responsabilité de l’hôpital et des services funéraires : les crémations sont anonymes et seul l’hôpital détient l’ensemble des informations concernant l’identité des bébés. Le crématorium assure les crémations qui se déroulent de manière collective. Une traçabilité est assurée : les informations sont transmises en fin de processus à l’établissement hospitalier qui peut alors les communiquer aux parents concernés.
Construire une cérémonie qui soit à la fois porteuse de sens et qui ne sombre pas irrésistiblement dans l’émotion demandait un minimum d’échanges avec des personnes capables de répondre à ma demande. Quels mots employer ? Quels symboles utiliser tout en restant dans une dynamique qui respecte notre esprit de laïcité ouverte ? Quelle portée pouvait-on donner à cette cérémonie alors que nous n’avons aucun contact direct avec les parents et que nous recevons les corps des tout petits sans aucune possibilité d’identification dans le respect du secret médical ?

photo - mainAvec l’aide de l’association Petite Emilie, nous avons élaboré un cérémonial en nous inspirant des étapes qui ordonnancent habituellement une cérémonie en présence d’un défunt mais en tenant compte des spécificités liées à ce contexte précis de mort périnatale. Il s’agit de permettre aux parents de s’exprimer sans pour autant tomber dans l’affectif ; il s’agit également de laisser une trace pour ces enfants dont il ne reste aucune cendre.
Un médaillon en céramique symbolisant les crémations collectives occupe alors une place centrale. Habituellement, lorsque ce sont les parents qui organisent les obsèques, c’est l’initiale du prénom choisi par les parents qui est gravée sur ce médaillon : ce dernier est alors déposé sur le cercueil en fin de cérémonie et accompagne la crémation. Il fallait donc trouver un symbole qui puisse « dire » tout à la fois le collectif et l’individuel, la fragilité de la vie et l’ouverture à l’universel. Le symbole retenu a été celui de l’empreinte d’une main d’un enfant. L’empreinte, trace fugitive mais bien présente, qui dit le passage sans pour autant tout révéler de l’être. Symbole d’autant plus fort qu’un certain nombre de maternités proposent désormais aux parents de faire un moulage de l’empreinte du pied ou de la main du tout petit. Cette petite main a donc été gravée sur le médaillon puis déclinée sous d’autres formes pour les autres supports visuels. Nous avons ainsi pensé à deux mains ouvertes, en signe d’accueil, peintes en bleu : c’est devenu tout naturellement le logo de la cérémonie qui a été reproduit sur le petit feuillet d’accueil donné aux participants des cérémonies ainsi que dans un cadre qui est disposé dans la salle. L’utilisation d’un langage visuel élargit le champ des symboliques : là où les mots sont parfois impuissants, une image peut prendre le relais, à condition toutefois qu’elle soit suffisamment universelle pour rejoindre chacun dans sa particularité. Utiliser une image de bébé eût été inappropriée en de pareilles circonstances ; celle d’un ange, même si c’est devenu un objet sécularisé que l’on trouve jusque dans les boutiques de décoration, reste fondamentalement un symbole religieux. L’image d’une main nous permettait de garder cet équilibre entre universalité et laïcité du langage employé dans une cérémonie civile.

photo L’autre difficulté a été de nommer ce temps de mémoire. Il s’agissait certes d’une cérémonie du souvenir faisant suite aux crémations collectives des bébés morts avant la naissance mais parler de souvenir a-t-il du sens lorsque les circonstances n’ont pas permis d’en construire ? Et n’est-il pas réducteur de parler de fœtus quand il s’agit d’enfant à part entière aux yeux de ses parents ? Il nous fallait sortir de la sémantique technique ou médicale et l’expression « tout petit » donne justement cette liberté. Ce qui est tout petit n’en a pas moins de sens et d’importance que ce qui est grand. Et je n’hésite pas à parler du tout petit comme d’un enfant en devenir, un petit d’homme qui a sa place dans le monde.
L’une des vertus de cette cérémonie collective est de permettre le passage d’une expérience individuelle à un vécu solidaire. Quoi de plus intime en effet que la relation entre la mère et son enfant ? Cette sortie du ventre de la mère qui s’accompagne normalement d’une parole de vie devient brusquement silence étouffant. Je ne compte plus les mères et pères qui m’ont confié à quel point il leur est difficile de parler de la perte d’un enfant et qui préfèrent alors se taire et se replier sur leur souffrance. La cérémonie a justement pour fonction d’ouvrir la possibilité d’une parole en vivant une expérience avec d’autres, une parole de vivant à vivant, et donc d’insérer le défunt dans le fil ininterrompu de l’histoire.

photo - registre Cela fait désormais près de cinq ans qu’existe la cérémonie trimestrielle des Tout Petits. Le premier mardi ouvré de chaque trimestre, nous accueillons entre quarante et cinquante personnes qui ont été informées de l’existence de ce temps spécifique par les établissements hospitaliers grâce au petit dépliant édité par nos soins, par les forums associatifs qui relayent cette initiative, mais aussi par le bouche-à-oreille alimenté notamment par les sites internet dont celui du crématorium du Père Lachaise : www.crematorium-perelachaise.fr.
Ce temps est devenu un véritable rendez-vous indispensable pour des parents en attente d’un vrai signe de reconnaissance de leur parcours : ce n’est pas parce que l’on renonce à une organisation d’obsèques personnalisée après un décès périnatal qu’il n’est de nécessité d’un temps et d’un cheminement adaptés. Mais ce qui me frappe le plus, c’est que je vois désormais des parents venir accompagnés : les grands-parents, le parrain ou la marraine que l’on avait choisi pour l’enfant à venir, l’ami(e) proche. Viennent également à ces cérémonies des soignants, des bénévoles associatifs qui apportent par leur présence une ouverture essentielle : on sort de ce que j’appelle « l’entre soi », c’est-à-dire que cet élargissement peut permettre à des parents focalisés sur leur douleur de comprendre qu’ils ne sont pas seuls et d’entendre une parole qui puisse les aider à entamer un processus de deuil souvent très long.
J’estime que nous avons réussi à mettre en œuvre un temps de mémoire porteur de sens, empreint de simplicité et de dignité. Un temps qui laisse à chacun la liberté d’exprimer sa souffrance, son émotion, sans pour autant que cela occulte la force symbolique du rite. C’est de fait une véritable leçon de vie que nous donnent ces parents qui poursuivent leur route avec ce bagage si particulier. J’aimerais terminer sur une image : celle de cette maman enceinte de sept mois venue assister à une cérémonie avec son mari pour faire mémoire de leur premier enfant mort avant terme un an plus tôt. Elle rayonnait de vie et m’a confié combien il était essentiel pour elle et pour l’enfant à venir de faire mémoire de leur aîné qui avait droit à sa place dans leur famille en construction.

Un texte de Jean-Paul Rocle
Chargé de mission « Cérémonies et ritualités » Services Funéraires – Ville de Paris