Impact sur la santé

InVS Institut de veille sanitaireProjection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2015 (nov)

En 2015, le nombre de nouveaux cas de cancer en France métropolitaine est estimé à 385 000 répartis entre 211 000 chez l’homme et 174 000 chez la femme. Les taux d’incidence respectifs standardisés sur l’âge (référence population mondiale) sont estimés à 362,4 et 272,6 pour 100 000 personnes-années. Le nombre de décès par cancer est estimé à 150 000 répartis entre 84 000 chez l’homme et 65 000 chez la femme. Voir l’étude ici.


 téléchargement (3)Risques de mortalité et de surmortalité au cours des dix premières années de veuvage

Xavier Thierry, INED, Population n° 2, 1999 – page 177

On tente ici de décomposer les différents facteurs de la surmortalité des veufs vis-à-vis des mariés : surmortalité immédiate due au « choc du veuvage », surmortalité attribuable aux conditions de vie du veuf, surmortalité existant antérieurement au veuvage. L’article décrit l’évolution des risques de mortalité après le veuvage par sexe, âge au veuvage et surtout selon la durée du veuvage, en utilisant les données françaises d’état civil entre 1969 et 1991.
La première année de veuvage est une année critique : la surmortalité est de + 80 % pour les hommes, + 60 % pour les femmes. La deuxième année est une année charnière : la mortalité baisse en valeur absolue entre le premier et le deuxième anniversaire du deuil, bien que les personnes vieillissent d’une année supplémentaire. Effet réparateur du temps après le traumatisme de la première année, ou effet de sélection du fait du décès des personnes plus fragiles en début de veuvage ? En terme relatif, la surmortalité des veufs diminue à mesure que le veuvage est plus ancien, les progrès étant rapides au cours des trois premières années, plus lents ensuite.
Ce travail illustre l’intérêt d’étudier la santé et la mortalité en fonction de la durée écoulée après tout événement marquant profondément la vie des personnes.


logo_hautRisques de mortalité et causes médicales des décès aux divers moments de veuvage.

Xavier Thierry Gérontologie et Société, n°95, 2000. P.27-45

Les veufs ont une mortalité supérieure à celle des mariés, tout particulièrement au cours de la première année de veuvage, et davantage pour les hommes que pour les femmes, pour les jeunes veufs que pour les personnes plus âgées. Les décès par traumatismes (suicides, accidents de la route…) et ceux attribuables à la consommation d’alcool expliquent pour l’essentiel cette surmortalité immédiate. Au cours des cinq années suivantes, la surmortalité des veufs par rapport aux mariés se réduit très sensiblement. Le sur-risque dû aux morts violentes s’estompe, tandis que l’alcool vient occuper la première place. A plus long-terme, ce sont les maladies cardio-vasculaires qui rendent principalement compte de la différence d’espérance de vie entre veufs et mariés, suivies des tumeurs du côté féminin, des décès attribuables à l’alcool et au tabac de côté masculin.


téléchargement (3)Le choc du veuvage à l’orée de la vieillesse : vécus masculin et féminin

Delbès Christiane, Gaymu Joëlle, INED, Population n° 6, 2002 – page 879.

Pour expliquer l’évolution des conditions de vie des personnes après la retraite, on se réfère généralement aux changements dans leur état de santé, dans leurs revenus, dans leur statut matrimonial, ou encore aux changements d’attitudes qui se produisent au fil des générations (voir par exemple l’article de C. Delbès et J. Gaymu sur la vie sexuelle après 50 ans dans Population, 52(6), 1997). Christiane Delbès et Joëlle Gaymu prennent ici pour objet le décès du conjoint, expérience typique de la vieillesse, et ses effets matériels, sociaux et psychologiques sur le survivant. Elles utilisent pour cela une source intéressante par son caractère longitudinal, l’enquête Passages de la vie active à la retraite, dans laquelle les mêmes personnes ont été interrogées à 62 ans puis à 75 ans. Elles montrent que les effets et les expériences du veuvage ne sont pas les mêmes parmi les hommes et parmi les femmes. Lorsque le veuvage survient, les hommes bénéficient par exemple d’une meilleure mobilisation familiale que les femmes. Les attitudes de repli sur l’espace domestique au fil de l’âge caractérisent plus les femmes veuves que les femmes mariées, et beaucoup plus les veuves que les veufs.
À l’heure actuelle, en France, près de 4 millions de personnes sont veuves. Très rare chez les jeunes adultes, cette situation matrimoniale progresse à vive allure passé 60 ans : alors qu’à cet âge, moins d’une personne sur dix a perdu son conjoint, c’est le cas de près d’une sur trois à 75 ans. Cette situation est donc la marque des plus âgés mais c’est aussi celle des femmes : surmortalité masculine et écart d’âge au mariage se conjuguent pour multiplier le risque pour les femmes de perdre leur conjoint. À 75 ans, le veuvage touche 42 % d’entre elles contre seulement 11 % des hommes. Au total, 84 % des veufs sont des veuves.
* Fondation nationale de gérontologie et Institut national d’études démographiques, Paris. ** Institut national d’études démographiques.
Population-F, 57(6), 2002, 879-910

Enfin, une autre étude de l’INED, davantage axée sur la réorganisation de la vie après le veuvage, fournit des données plus récentes sur les conditions de vie : Il est également consultable en ligne sur Persée.



Le mondePsychiatrie : DSM-5 « pathologisation » du deuil – mai 2013

DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). « Aux Etats-Unis et en Australie, le DSM a en quelque sorte force de loi, pour les remboursements par les compagnies d’assurances ou dans un contexte judiciaire. Et c’est ce qui est enseigné, y compris en France, dans les facultés de médecine, de psychologie. Aujourd’hui, c’est un passage obligatoire pour faire carrière »,assure Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, à l’origine du mouvement Stop DSM et auteur du récent Tristesse business. Le scandale du DSM 5 (Max Milo, 128 p., 12 euros). Patrick Landman et ses collègues s’insurgent contre ce qu’ils nomment une « pathologisation du deuil ». « Au bout de deux semaines, l’apparence dépressive de l’endeuillé sera passible du diagnostic d’épisode dépressif majeur et donc d’antidépresseurs », craignent-ils. Psychiatrie : DSM-5, le manuel qui rend fou ?

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.05.201 A lire ici.